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Nadir Dendoune - credit photo Camille Millerand


Journaliste indépendant documentariste et écrivain, Nadir Dendoune s’est d’abord raconté beaucoup d’histoires avant de prendre le parti d’écrire la sienne. Fils aimant d’un couple d’immigrés algériens, il grandit dans la chaleur d’une fratrie de 9 enfants mais privé d’une douceur de vivre qui semble avoir déserté les tours HLM du 93. Éduqué dans la politique de l’échec, l’adolescent peine à trouver sa place dans une société qui ne lui laisse aucune chance de rédemption. Parce que Nadir se croit damné, condamné à ne connaître que la colère, il se révolte.

Convaincu qu’à 20 ans on devrait vivre le plus bel âge de la vie, il s’envole en 1993 pour l’Australie avec son meilleur ami Yannick et va y vivre 8 années de bonheur et de résurrection. Porté par l’enthousiasme, il entame en 2001 un tour du monde à vélo en partenariat avec la Croix-Rouge australienne pour « faire plus de bruit contre le sida ». Revenu en France auprès des siens en 2002, il repart en 2003 pour devenir bouclier humain en Irak. Il y perdra une certaine innocence.

Son premier livre « Journal de guerre d’un pacifiste » sera publié en 2005; beaucoup d’autres naîtront de sa plume ouvrière mais pas besogneuse, dans une prose d’une authentique poésie. La bourse Julien Prunet lui permet d’intégrer le Centre de formation des Journalistes où il sera formé à prendre la parole. Même s’il bute encore sur quelques mots, Nadir donne voix à tous ces silences qu’il lui répugne d’accepter. Désireux de casser toujours plus l’anathème de la condition sociale, il part à l’assaut de l’Everest sans la préparation attendue, muni d’un faux CV d’alpinisme qui ne fera pas longtemps illusion.

Et pourtant, porté par l’amour de sa famille, riche de ses rencontres, il atteint le toit du monde le 25 mai 2008. Parce qu’il ne savait pas que c’était impossible, ce cœur vaillant l’a fait. Le récit de cette ascension en tout point extraordinaire sera adapté au cinéma pour bouleverser plus d’un million de spectateurs. Loin d’être une revanche, cet exploit est une invitation au champ des possibles, un encouragement au rêve. Nadir Dendoune ne croit pas qu’il suffise d’y croire pour y arriver; il refuse cette morale qui culpabilise ceux qui n’y arrivent pas. Il préfère croire à la force du collectif et célèbre ici la beauté du geste. Celui que l’on fait vers l’autre.

 

À lire : « Journal de guerre d’un pacifiste », « Lettre ouverte à un fils d’immigré », « Un tocard sur le toit du monde », « Nos rêves de pauvres ». À voir : « L’ascension », « Des figues en avril ».

Journaliste : Laurence Lorenzon – Musique et montage son : Romain Sensey – Photo ©Camille Millerand

 

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