Maison Sensey Paris


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Isabelle-Pegna-artiste

Isabelle Pegna est une artiste qui utilise la feuille d’or et la peinture à l’huile pour habiller le bois qui se transforme en écrans à main, en panneaux décoratifs et en paravents ornementaux. Elle mélange avec élégance et une extrême finesse le style Français, le style Renaissance et la calligraphie ornementale coranique, pour donner vie à des tableaux aux couleurs subtiles et délicates, aux motifs de fleurs et d’oiseaux qui expriment un univers enchanté. Ses œuvres inspirent la beauté du calme et du temps.

On s’y attarde pour découvrir chaque détail, chaque symbole, chaque inspiration des siècles précédents : le mélange harmonieux de l’Orient et de l’Occident, la finesse du geste posé sur le bois, l’art du temps retrouvé. On y perçoit une histoire, peut-être notre propre histoire. Chaque regard révèle une multitude de détails et ouvre sur l’imaginaire, vers nos émotions. Chaque œuvre est unique, rythmée d’inspirations musicales, de recherches picturales et artistiques rigoureuses, pour faire naître l’excellence du geste, la noblesse d’une œuvre.

Maison Sensey : Ça a débuté comment ?

Isabelle Pegna : Je suis née avec ce désir de peindre, de dessiner, de reproduire toutes les images que j’ai au fond de moi. J’ai toujours aimé ce qui est extrêmement beau. Mais quand je parle de beauté ce n’est pas forcement du luxe. Car je n’associe pas le luxe avec la beauté et le raffinement. Mais c’est la beauté du quotidien ; des fleurs, un fruit, un arbre, un oiseau… Même une tâche sur le sol m’inspire ! L’inspiration est au quotidien. Je me suis inscrite tardivement au cours d’adultes du Carrousel du Louvre, sur les techniques du trompe l’œil. Cela a duré quatre ans. Mais comme je peignais et dessinais depuis l’enfance, cela a été plus une confirmation de la part d’experts. J’avais besoin d’un œil professionnel sur mon travail.

Après j’ai fait de la sculpture pendant un an et de la poterie pendant trois ans. Je me suis aperçue que c’était vraiment la peinture qui me correspondait ; la couleur, la poésie, plus que la forme. J’étais vraiment axée sur les trompes l’œil italiens, les peintures de XVIème et XVIIème siècle mais avec un axe sur la peinture décorative. J’avais besoin de m’exprimer, avoir mon motif, mon univers, et ne pas reproduire quelque chose qui existe déjà. Par la suite j’ai réalisé des bâches peintes très grands formats, pour des séries de décors photos. J’ai fait le premier paravent pour les photos, entièrement en feuilles d’argent, que j’ai patiné, puis oxydé. J’ai continué à faire des paravents mais cette fois-ci à la peinture.

Je me positionne toujours comme un artisan d’art et une artiste peintre en même temps. Mes premières réalisations sont d’inspirations Italiennes et Françaises. Puis, j’ai développé mon travail vers la culture musulmane dans laquelle j’ai découvert des motifs décoratifs très riches. Mon travail est vraiment une symbiose de la culture occidentale et orientale avec tous les symboles et les traditions que cela implique. La calligraphie ornementale coranique du XVIème siècle que j’utilise est venue plus tard. C’est une écriture très particulière, mais c’est celle qui me correspond le mieux et qui correspond à mon style de peinture.

Les paravents ont-ils toujours des thèmes précis ?

Toujours ! Cela peut partir d’un poème, comme « Le cantique des oiseaux » de Farîd-ud-Dîn-‘Attâr, Rossini m’a beaucoup inspirée également pour le thème des oiseaux. Il y a toujours une musique qui correspond à un paravent. Certaines de mes créations viennent du soufisme. Qui est plus une philosophie qu’une religion. Il y a beaucoup de spiritualité dans mes créations. Au niveau de la technique, je conserve l’association peinture à l’huile et feuilles d’or 24 carats sur toutes mes œuvres.

Il y a aussi les écrans à main plus communément nommés les éventails. Racontez-nous l’histoire des écrans à main ?

L’origine de l’écran à main est en fait un éventail fixe qui est une variante de l’éventail. Les premiers remontent à l’antiquité, on les appelle les flabellums. On en trouve dans l’Égypte ancienne. La papauté les utilisait également pour les cérémonies papales. Les flabellums ont toujours été associés à la puissance et à la richesse. Ils étaient conçus avec des plumes de paons ou des plumes d’autruches de grande qualité, les manches étaient en or sculptés ou en bronze. C’étaient des objets très précieux qui avaient une utilité mais qui avaient aussi une symbolique très forte.

Ils étaient également très utilisés en Asie. On les y trouve encore aujourd’hui mais avec des modèles différents. La plupart du temps on les trouve en papier, en plumes, en soie peintes, les manches sont en bois et souvent ce sont des objets qui sont plus simples. Il peut y avoir également des manches en jade. Ils étaient auparavant utilisés pour se cacher au théâtre, à l’opéra : De vrais objets de séduction, de cache-cache. Au XVIIIème et au XIXème, ils étaient avant tout utilitaires, car ils permettaient aux femmes de se protéger de la chaleur du feu de cheminée et de la suie devant la flambée. A cet effet ils étaient souvent posés sur pied.

Ceux que je réalise sont vraiment un écran pour le visage car on les tient en main et on se protège vraiment le visage. J’ai commencé les éventails après les paravents. Cela a été par hasard mais le coup de foudre a été évident. Ça faisait sens. Je les ai un peu détournés dans l’idée du paravent, je reste sur l’idée de l’écran où on se cache. J’ai toujours aimé le paravent car c’est un objet très élégant pour avoir plus d’intimité.

Ceux que je réalise font 2,04m ce qui est très grand par rapport au standard de ces époques qui était 1,70m. C’est vraiment un paravent de décoration. Il faut qu’il y ait un équilibre entre la hauteur et le poids. Je le propose sous forme de triptyque car ce format en peinture forme un équilibre et un rythme bien précis.

Chaque écran à main est livré dans un coffret, qui est lui-même une œuvre d’art…

C’est mon côté très perfectionniste et c’est d’aller jusqu’au bout de ce que l’on peut proposer. Il faut que cela soit discret raffiné, élégant.

Combien de temps vous faut-il pour réaliser un paravent ?

Pour réaliser un paravent, entre l’inspiration, la recherche, le motif, la pose du motif et le moment où je peints cela prend quelques mois. Mais c’est surtout le temps de recherche qui prend du temps. Car au début il y a plein d’idées et au fur et à mesure il faut que je réduise pour arriver au résultat attendu.

La création est spontanée mais également très réfléchie. Ce qui peut sembler paradoxal, mais je sais quel but je veux atteindre. Le mouvement doit être très fin, méthodique, il doit aller jusqu’au bout. La couleur m’inspire beaucoup et ensuite je vois la matière.

Quelle est votre définition du beau ?

Le beau c’est très personnel. Ce n’est pas l’ultra luxe c’est plus de la sensibilité. Il est très difficile à décrire car on trouve de la beauté partout même dans la laideur. Il faut savoir la regarder, elle se mérite. On me demande souvent pourquoi j’ai un côté oriental dans mon travail. En travaillant l’écriture arabe, avoir cette notion de culture musulman, de l’orient c’est magnifique et ce n’est pas ce que l’on nous montre dans les médias. Il y a beaucoup de beauté dans leur décors, dans leur philosophie, et il y a beaucoup de beauté dans cette culture.

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Découvrez notre interview de la brodeuse Or Marie Berthouloux

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