Maison Sensey Paris


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Claude-Turlan-Sabine-Langlois

C’est en Touraine, au pays des châteaux, sur les bords de la Loire, ce long fleuve tranquille qui berce les rives d’une lumière d’or que Claude Turlan réalise ses œuvres. Plus précisément à Amboise, ville des rois. Son château abrite la sépulture du plus grand génie de tous les temps, Leonard de Vinci. Un lieu d’inspiration qui offre un héritage hors norme pour révéler la couleur et élever les âmes. Son atelier est niché au milieu d’un jardin aux mille reliefs verdoyants, aux petites allées japonisantes qui mènent à des points d’eaux où le soleil d’été s’y reflète dans des nuances bleutées, le tout organisé dans la perfection du détail.

Claude Turlan est un artiste peintre qui utilise la macrophotographie pour réaliser ses œuvres. Il utilise l’infiniment petit pour l’expression de la beauté qui surgit de façon quasi miraculeuse, parfois de manière mystique, poétique ou révélatrice. Les photos prises en studio sont des macrophotographies (de l’ordre du centimètre carré) de gouttes de peinture à l’huile, d’une grande variété de couleurs mélangées, disposées sur une surface plane. L’œil intuitif du photographe les cadre en fonction de formes et de couleurs pressenties comme harmonieuses. Claude Turlan, c’est également une collaboration avec Atelier Arty Apparel de Sabine Langlois qui propose une collection d’art porté, forme d’expression de la sublimation d’une œuvre sur un vêtement.

Maison Sensey : Ça a débuté comment ?

Claude Turlan : J’ai l’impression que je suis tombé dans un pot de peinture à ma naissance. Je me rappelle pendant la guerre, car je ne suis plus très jeune, j’avais trouvé dans la rue un film 15mm où il y avait une succession de bateaux en couleurs et ce fut mon premier émoi vis à vis de la couleur. Et il y a eu un autre déclic, certainement inconscient, à l‘école maternelle, au lieu de jouer avec mes camarades, je regardais les fleurs.

Et,  il y a le hasard, car ces gouttes de peinture sont arrivées alors que je faisais du faux marbre. Je ne sais pas ce qui m’a guidé ! J’ai eu l’idée avec le pinceau de mettre des gouttes de peinture et j’ai tout de suite vu quelque chose d’intéressant que je pouvais photographier. Cela a été une première découverte d’un monde un peu différent.

Lorsque l’Association Photos Folie en Touraine a voulu rassembler tous les photographes amateurs et professionnels de la région, il m’est venu l’idée de faire une exposition à partir de ces gouttes de peinture. Toutes les expositions et les peintures qui sont venues par la suite découlent de ce moment là.

Vous travaillez l’infiniment petit, l’imperceptible… Vous rendez visible ce qui ne l’est pas…

Effectivement, mais ça permet de voir un autre monde. Paul Eluard a dit « Il existe un autre monde mais il est dans celui-ci ». Cela veut dire qu’il faut savoir regarder différemment. Je fais de la macro mais si j’avais un microscope ça serait un rapport de trois cents fois, cela serait encore une autre façon de voir. Et cela serait très intéressant.

Lorsque vous saisissez l’infiniment petit, avez-vous de la surprise, de l’étonnement ?

Il y a plusieurs étapes qui sont bien distinctes et assez dissociées. Il y a la recherche de l’imprévu, de beau, et il y a des formes étonnements représentatives comme une femme et son enfant. Et à ce moment là ça fait partie de moi-même. Une sorte de continuité. Et il ne faut rien changer. D’autres photos qui ne sont pas originales, ou qui n’ont pas suffisamment de force, peuvent être une indication de départ, une construction qui me sert pour la peinture qui après m’emmènera ensuite ailleurs. Ce sont des moyens.

La photo est un pinceau qui me permet de matérialiser une idée avant de réaliser l’œuvre. C’est la découverte de l’association des couleurs qui se repoussent chimiquement ou qui s’attirent, qui se divisent ou qui se délaient comme une rivière qui va faire son lit entre deux collines. Il y a un filet de peinture qui va créer comme une arborescence. Comme des vagues qui se retirent du sable et dessinent des arbres.

C’est la perfection de la nature ?

Dans la nature  il y a très peu d’inorganisé. On peut croire que les gouttes de peinture sont dues au hasard total, mais non ! Elles réagissent comme si elles étaient dirigées  par une loi qui, elle-même, est belle.

Donc il y a la peinture et la photographie ?

Oui, c’est la même base mais c’est quand même dissocié. Je superpose deux images : l’une est le thème principal, l’autre fait office de révélateur. C’est à partir d’une photo banale mais construite que l’œuvre va être révélée, grâce à un fond qui va lui donner un esprit.

C’est la couleur qui vous anime ?

Oui! je n’ai jamais fait de photos en noir et blanc.

Même si il y a de la matière, le noir et blanc ne vous inspire pas ?

Oui, je reconnais que le noir et blanc est extraordinaire mais seulement quand il est parfait. Mais une photo qui n’a pas suffisamment de caractère ne m’intéresse pas. Je n’ai jamais fait de tableau noir.

Pierre Soulages a su magnifier le noir…

Il a trouvé la force qui révèle la lumière. Le noir c’est quand la matière a absorbé toutes les couleurs et le blanc c’est quand la matière reflète toutes les couleurs. Mais Soulages a trouvé une peinture dynamique. Quand on se déplace devant un grand format de Soulages, au fur et à mesure qu’on avance, on modifie la lumière. Soulages travaille avec l’épaisseur ! J’aime également travailler l’épaisseur. Je suis un peu potier, j’aime bien malaxer avec mes mains plus qu’avec le pinceau. Toucher directement la matière !

Il y a quelque chose de mystique dans vos œuvres, est-ce que vous faites partie de ces artistes qui sont emprunts d’une certaine force, d’une spiritualité ? Vos œuvres apaisent, vous rendez-vous compte de la puissance qu’elles peuvent dégager ?

Non, car je travaille d’une façon basique, primaire. Je pose la couleur et je regarde. Pour moi c’est plutôt un travail. C’est tellement difficile de peindre quelque chose ! On ne sait pas où ça nous mène et ça demande beaucoup d’énergie. C’est souvent le regard des autres qui me dit que j’ai fait quelque chose de bien. Et à ce moment là ça me permet de revenir sur l’œuvre et de m’en persuader.

Je suis plus tenté de faire de la photo plutôt que de la peinture. Car la photo permet un résultat rapide. Je ne peux pas imaginer autre chose qu’un esprit à l’origine du monde. Peu importe le nom qu’on lui donne, mais ça ne peut pas être construit comme ça depuis des millénaires sans erreurs, sans variations tout ça ne peut pas être le hasard. Quand je vois le miracle se produire dans mes photos, je me dis que ce n’est peut-être pas la peine de faire de la peinture, et que je dois continuer à chercher…Il faut apprendre à regarder. Non pas à imaginer ce que l’on voit.

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